FAAN : Formations Agricoles Agrivoltaïsme Numérique

Fiches Production

La culture de la Patate douce en plein champs

CONTEXTES

  • Type d’exploitation : céréales avec rotation blé-soja-colza-tournesol-maïs
  • Localisation : Ondes (31)
  • SAU : 97ha
  • Objectif : Apporter de la diversité dans la rotation culturale pour couper le développement des nuisibles et apporter de la biomasse

Présenter

Description technique

Originaire d’Amérique latine, la patate douce est une plante rampante de la famille des convolvulacées dont les racines « tubérisent » en fin de cycle pour stocker de l’amidon. Appréciée pour ses qualités gustatives et alimentaires, elle s’impose depuis quelques années dans les assolements des maraîchers diversifiés et des légumiers. Son itinéraire cultural est assez simple et peut facilement s’intégrer dans les plannings de culture.

Options

Plants/boutures (slips) à l’unité
Production de plants en serre (coût infrastructure)
Bâche de paillage biodégradable (par rouleau)
Main d’œuvre récolte (à la journée)

Prix indicatif

0,30 – 0,80 € / plant
500 – 2 000 € (selon surface)
80 – 150 € / rouleau
100 – 150 € / personne / jour

AVANTAGES

Ajout de diversité spécifique dans la rotation
Faible IFT

La patate douce est une culture préférablement installée sous bâche plastique afin d’éviter le développement d’adventices.

La lutte mécanique est possible mais complexe car les racines des patates douces sont fragiles. Un outil passé un peu trop près de la ligne de semis par inadvertance peut donc causer des dégâts importants sur la culture.

INCONVÉNIENTS

Débouchées difficiles

Selon les régions, les débouchées commercials sont peu nombreuses et peu rémunératrices. On estime qu’en deçà de 20t/ha de rendement, la culture n’est pas rentabilisée.

Faucheuse andaineuse Honey Bee

La gestion des adventices est primordiale pour le Chia, dont la phase de levée est très sensible à la concurrence. La bineuse est l’outil le plus adapté par sa facilité d’utilisation et son faible coût de fonctionnement.

Exemple de séchage à plat

Stockage

Le stockage de la patate douce passe par une étape de curving afin de durcir la peau des tubercules et les rendre plus résistants, ils doivent étre stockés pendant une semaine à 25° et sous 70% d’humidité.

Ensuite, les patates douces sont stockées comme des courages, dans un local frais et sec.

Sensibilité au froid

Le 0 végétatif de la patate douce avoisine les 15°c. Sous les 10°c, les plants ne survivent pas.

La période demise en terre doit donc être mûrement réflécjie afin d’éviter des pertes importantes

Cultiver

Vérification des bonnes conditions de production
  • Choisir une parcelle bien drainée, exposée plein sud, à sol léger et sans risque d’engorgement.
  • Réaliser une analyse de sol pour vérifier le pH (idéalement 5,5 à 6,5) et adapter la fertilisation organique si nécessaire.
  • Installer ou vérifier le système d’irrigation (goutte-à-goutte recommandé).
  • Préparer la serre de multiplication des plants au plus tard en janvier-février.
Installation de la culture
  • Mettre les tubercules-mères en végétation en serre chauffée (février-mars).
  • Prélever les boutures (slips) dès que les tiges atteignent 20-25 cm et les enraciner en godets.
  • Préparer le sol en plein champ : labour, buttage, installation du paillage.
  • Planter les boutures enracinées après les dernières gelées (mi-mai en Occitanie), en veillant à arroser copieusement à la plantation.
  • Surveiller la reprise des plants pendant les 2 premières semaines.
Rendement

 

  • L’agriculteur planifie son assolement en intégrant la patate douce dans une rotation d’au moins 3 ans avec d’autres familles botaniques (éviter les Solanacées et Convolvulacées).
  • Il produit ses plants en serre ou les commande auprès d’un pépiniériste spécialisé.
  • Il installe la culture après les gelées et assure un suivi régulier : irrigation, désherbage limité, surveillance phytosanitaire.
  • Il récolte les tubercules avant les premières gelées automnales et procède au curing dans un local adapté.
  • Il commercialise les tubercules en vente directe ou via des circuits courts sur une période étalée grâce aux bonnes qualités de conservation.
Résultat
  • Rendement moyen en agriculture biologique : 15 à 25 t/ha selon la variété et les conditions climatiques.
  • Qualité gustative et visuelle valorisée en vente directe.
  • Feuilles comestibles pouvant également être valorisées (vente ou autoconsommation).
Analyse des données
  • Suivi du rendement par variété et par parcelle.
  • Enregistrement des dates de plantation, des volumes d’irrigation, des interventions phytosanitaires.
  • Évaluation du taux de perte au curing et en conservation.
  • Analyse des marges par variété et par circuit de commercialisation.

Valoriser

Entretien général

  • Surveiller régulièrement l’état de la culture tout au long de la saison :
  • Vérification de l’état du paillage et remplacement si nécessaire (déchirures, décollements).
  • Contrôle régulier de l’humidité du sol et adaptation de l’irrigation.
  • Inspection visuelle des feuilles et des tiges pour détecter les premiers signes d’attaque parasitaire (charançon, pucerons, nématodes).
  • Entretien et nettoyage du matériel de récolte et de curing entre chaque utilisation.

Pièces d’usure / Points de vigilance

  • Renouvellement annuel des tubercules-mères pour la production de plants (risque de dégénérescence variétale).
  • Remplacement régulier du paillage biodégradable après chaque campagne.
  • Entretien du système d’irrigation (filtres, goutteurs) avant chaque saison.
  • Surveillance et remplacement si nécessaire des équipements de curing (thermomètre, hygromètre, ventilation).

Impacts

EAU

Besoins en irrigation modérés mais réguliers, notamment en phase d’enracinement.

SOL

Amélioration de la structure du sol grâce au couvert foliaire dense limitant l’érosion et l’enherbement.

POLLUTION

Très faible besoin en produits phytosanitaires en AB. Risque résiduel lié aux traitements anti-nématodes

Paysage & Biodivesité

Couverture végétale bénéfique pour la faune auxiliaire. Intégration paysagère positive en zone maraîchère.

Couverture du sol bénéfique pour la biodiversité

Le feuillage dense de la patate douce constitue un habitat favorable pour de nombreux auxiliaires (carabes, araignées, pollinisateurs). La réduction du travail du sol liée à cette culture couvre-sol contribue à préserver la vie microbienne.

Données sensibles

Informations sensibles pour l’entreprise : données de rendement par parcelle et variété, marges par débouché commercial, localisation des parcelles et itinéraires techniques propriétaires.

Retours d’expériences

En conditions réelles dans le Sud-Ouest, la patate douce se montre relativement simple à conduire une fois les plants bien établis. La principale difficulté réside dans la gestion des adventices en début de cycle, avant que le feuillage couvrant ne prenne le dessus. La culture est sensible aux excès d’eau et nécessite un sol bien drainé. Les rendements sont encourageants — entre 15 et 25 t/ha en conditions optimales — et la valorisation commerciale locale est très favorable, notamment en vente directe et en restauration.

Adrien K.

Exploitant, Patate douce

image_pdfimage_print